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Être un bon manipulateur en 5 leçons

Après avoir été des années à grande école, j’ai reçu de la part d’un professeur émérite l’une des formation les plus complète sur le marché en matière de manipulation en tout genre.

Aujourd’hui diplômée, après des décennies d’apprentissage, d’observation et de participation en tant que personnage très inclue dans l’expérience, je crois que je peux m’autoproclamer à juste titre Docteur ès manipulateur.

Je pense que lorsque l’on possède un si grand savoir, il est de notre DEVOIR de le partager. Ainsi, vous aussi apprenez dès maintenant les bases pour être un bon connard manipulateur afin de toujours obtenir ce que vous désirez, sans jamais vous faire prendre, car là réside toute la finesse et l’art de la maîtrise du domaine.

NB: Je parlerai de la « personne » à manipuler comme « proie » , donc j’emploierai le féminin par défaut pour la désigner, n’y voyez pas là un quelconque sexisme, ou un parallèle avec ma propre expérience sachant que je suis une femme, mais non allons ! Où allez-vous chercher autant d’idioties ?! M’enfin !… *Hum…*

I] Vous êtes une victime

Vous n’y croyez pas ? Il faut en premier lieu vous le rentrer dans le crâne jusqu’à ce que vous en soyez vous même absolument convaincu ! Vous êtes une VICTIME.
Taratata ne cherchez pas à douter ! Ne discutez jamais sur ce point : quoiqu’il arrive rien ne sera de votre faute.
Comment faire pour être une victime idéale digne de ce nom ?


1-> Telle la méthode Coué, chaque matin placez-vous devant votre miroir. Admirez votre beauté et répétez-vous 10 fois à haute voix « Je suis trop parfait, je ne peux pas être coupable de quoi que ce soit. Les autres me poussent à fauter, je ne suis qu’une pauvre victime ».

2->Il faut que dans une journée vous ayez placé dans un maximum de phrases celle-ci : « C’est toi qui m’a poussé à agir comme ça ! ». Les autres doivent savoir que vous êtes une victime, n’hésitez pas à leur rappeler leur culpabilité de vous forcer à devenir ce que vous êtes par leur faute ! Insistez bien plusieurs fois afin de bien vous assurez que l’entourage le comprenne.

3-> Défendez-vous des attaques d’une potentielle proie qui résisterait encore. Pour cela, si vous n’avez pas encore convaincu votre interlocuteur, cherchez des erreurs du passé qu’il aurait pu commettre par le passé, même si c’est lointain ce n’est pas grave ! Répétez-les plusieurs-fois comme un sermon et rappelez-vous par la même occasion qu’elle l’a bien mérité et que « c’est vrai que puisque que son gratin du dimanche de Pentecôte de 2013 quand on a reçu la famille et ben il était raté, c’est que vraiment elle vous a tapé la honte, vous avez été sa victime et donc ça prouve bien que c’est une mauvaise personne et qu’elle a de quoi culpabiliser de vous maltraiter de la sorte, parce que vous êtes vraiment une pauvre victime avec beaucoup de courage pour la supporter quand-même. » C’est un exemple totalement sorti au hasard pour illustrer le propos… Si si ! Bref… Passons…

II] Obtenez toujours plus

Obtenir des faveurs ? Quoi de plus naturel ! Vous le méritez tellement ! Mais ne vous reposez jamais sur vos acquis. On vous tend la main ?
NON !
Vous valez bien mieux qu’une main ! Prenez le bras complet !

Pour obtenir toujours plus, vous devez agir avec patience.
D’abord demandez le minimum.
« Je peux avoir un petit verre de bière ? C’est juste pour goûter »
– « Je peux prendre l’enfant pour le week-end ? Je la ramène dimanche soir ».
– « Merci oui juste une petite part de gâteau »


En premier lieu, vous devez passer pour quelqu’un de mesuré, raisonnable, et précieux. Quelqu’un qui n’est pas dans l’abus. La première impression est celle qui restera.

Ensuite quand vous aurez englouti votre mini part de gâteau, ce sera le moment de vous jeter sur celle de votre adversaire « Il est très bon ton gâteau, mais il doit être lourd pour toi. Tu ne vas pas être malade ? Je te le finis si tu veux » Vous devez par tous les moyens lui manger son assiette ! Ce sera une manière de montrer qui est le chef, et qui a la priorité sur la gamelle ! Vous devez être le mâle Alpha. L’homme n’est-il pas un animal social ? La meilleure méthode étant de la culpabiliser sur son poids et passer en héro ! Aux yeux de la famille vous êtes un petit mangeur modeste qui fait attention à lui, et pour elle vous lui sauvez de la vilaine cellulite ! Quel bienfaiteur vous faites !


Pour les enfants, attendez 2h avant l’heure présumée de l’échange puis envoyez un message à la maman « les enfants sont heureux avec moi et ils profitent de leurs nouveaux jouets que je viens tout juste de leur offrir là à l’instant. Ils veulent rester encore quelques jours pour profiter, je peux les garder ? ». Envoyer le message trop tôt serait risqué, elle pourrait dire oui ! Le timing serré sera l’opportunité de s’attendre à ce qu’il soit trop tard et que le programme du lendemain sera déjà fixé. Quand elle aura dit non, faites pleurer les enfants en leur annonçant un super programme qu’ils vont louper à cause de maman qui a ENCORE (insistez bien sur ce point) dit non. Ah ce n’est pas obligatoire qu’il soit réel ce programme ! Inventez une super sortie que vous n’auriez jamais eu l’intention de faire ! Le principal est que l’enfant doit pleurer et se venger sur sa maman en rentrant. Vous êtes un super papa dont la maman empêche d’exercer son rôle… Pauvre de vous…

De toutes les façons, vous vous devez de toujours négocier pour obtenir plus que ce qu’il était convenu au départ ! Vous DEVEZ avoir le dernier mot ! Ce sera le moyen pour vous d’exercer votre réel pouvoir : c’est vous qui commandez !

III] Trouvez le point faible chez l’autre

Etre un bon manipulateur n’est pas une chose acquise. Ce pouvoir n’est pas donné à tout le monde. Il s’apprend avec l’expérience et un peu de rigueur et de théorie.
Quand vous serez un peu plus à l’aise avec les deux premiers points évoqués, il sera temps de développer votre plein potentiel en passant à un peu plus de technique particulière. Il vous faudra pour cela un peu plus de travail, mais rassurez-vous ! Vous êtes le meilleur, rien ne vous résiste, et vous le savez déjà n’est-ce pas !

Une fois votre proie sélectionnée, vous devez vous y accrocher solidement. Pour cela, il vous sera nécessaire de la connaître dans son intimité, et surtout de maîtriser ses points faibles. Comment ?
Rien de plus simple ! Interrogez la famille !
À qui se confie-t-elle ? Sa mère ? Sa sœur ? Son meilleur ami homo ? Peu importe ! Vous devez devenir un super confident pour tout ce petit monde ! Rapprochez-vous d’eux en étant toujours serviable et souriant ! Un jour ils finiront par parler. Ce point peut paraître long, mais plus vous pratiquerez, plus les faire cracher le morceau sera rapide. L’efficacité s’acquiert avec l’expérience. Ne soyez pas pressé au début. Laissez-les venir à vous. Devenez une oreille attentive.
Quand ses amis seront dans votre poche, il vous faudra alors passer en mode « héro ». Vous deviendrez celui qui la sauvera de ses vilaines peur et de ses pas beaux défauts. Forcez-les à parler des erreurs de leur petite protégée, et de ses pires craintes.

Quand vous aurez obtenu ces précieuses informations, rien de plus simple : utilisez les au quotidien comme bon vous semble. Culpabilisez, angoissez, terrifiez, et tenez en même temps un discours rassurant « ne t’inquiète pas je suis là ».

Vous avez gagné, elle se sent protégée avec vous. Plus vous nourrirez sa peur, plus elle deviendra dépendante de son héro. Le reste sera alors une simple partie de plaisir. Un bonus.

IV] Maintenez une culpabilité quotidienne

Votre objectif : la réduire à l’état de détresse permanente. Une personne vulnérable, c’est une personne manipulable à souhait ! Si elle ne l’est pas dès le départ, les premiers points évoqués la feront forcément douter d’elle. La brèche est ouverte, vous devez l’entretenir.

Oui ! Manipulateur est un labeur quotidien ! Cependant vous avez beaucoup à y gagner, ne vous découragez pas !


Quand ses amis se seront confiés, surtout sur de potentiels désaccords passés entre-eux (encore mieux une dispute !), il sera facile d’y revenir pour entretenir le doute déjà évoqué. Placer un « je crois que machin ne se trompait pas quand il disait que tu n’étais qu’une hystérique » est le genre de formulation dont vous devez abuser !
-> Vous y trouvez l’argument d’autorité : ton meilleur ami le dit et il te connait bien ! Et de plus vous vous dégagerez de toute responsabilité « ah mais non ce n’est pas moi qui l’ai dit c’est lui ! Je ne fais que répéter ce que j’ai entendu ! »

Entre-deux vérité, assurez-vous toujours d’y ajouter des formulations inventées « il disait que tu étais hystérique, je n’y croyais pas mais c’est vrai que vu comment tu t’énerves là je vois qu’il a raison. S’il dit vrai sur ça, il doit dire vrai sur le fait que tu fais beaucoup de caprices » Machin n’a pas évoqué de caprices lors de leurs anciennes disputes ? C’est encore mieux ! Un mensonge s’insère toujours avec une part de vérité ! N’oubliez jamais cet élément !

Puis en bonus, utilisez les enfants. Les siens quand elle en a est l’idéal, mais n’importe quel sale mioche quel affectionne tant fera l’affaire ! Après tout, ils sont là pour ça non ?
On dit toujours que « la vérité sort de la bouche des enfants », alors assurez-vous de leur enseigner VOTRE vérité afin qu’ils puissent par la suite prêcher la bonne parole.
Quand vous aurez décrit l’horrible monstre qu’est maman, ou tata, le môme ira forcément répéter. C’est bête à cet âge là ça gobe tout, et c’est temps-mieux pour vous ! Servez-vous-en !

Quand l’angelot chéri de sa tata ira dire « toute façon c’est vrai que tu es folle et méchante » parce qu’elle aura refusé un bonbon avant de passer à table, intervenez immédiatement et donnez le coup de grâce ! Une petite vérité générale bien placée « Quoi ! La vérité sort de la bouche des enfants, c’est pas ce qu’on dit ? Ah non c’est pas moi qui ai dit ça, c’est l’adage ! » et vous aurez gagné, sans même avoir prononcé le mot douteux ! N’hésitez jamais à insister pour vous dégager « Ce n’est pas moi qui l’ai dit », une piqûre de rappel ne fait jamais de mal !

Si vous n’avez pas de scrupule, il faut pour cela arriver à un haut niveau dans la maîtrise de la manipulation, amenez l’enfant à pleurer. Ses mots auront plus d’impacts. En bonus, si se sont ses propres enfants qui pleurent, je vous annonce une réussite atteignant les 100% assurée !

V] Isolez-la

Son entourage à parlé ? Il a livré tous ses secrets ? Alors il ne vous sert plus à rien. Pire, il vous encombre. De plus il peut être une menace potentielle dans votre entreprise. On n’est jamais à l’abris d’une bonne copine l’air méfiant, le regard de biais, lèvre pincée… Vous la voyez-venir celle-là qui pose beaucoup de questions sur vous en soirée n’est-ce pas ? Il en faut toujours une pour tout gâcher. Supprimez cette épingle dans votre pied au plus vite !

Pour cela, commencez par la critiquer. Attention ! Jamais brutalement, ni frontalement ! Il ne faut pas braquer votre proie, pour l’instant elles sont encore bonnes copines !
Comment faire ?

1-> Dévaloriser l’une, en valorisant l’autre !!!
Exemple concret : « J’aime pas son rire. heureusement que le tient est plus gracieux, parce que je ne la supporterais pas au quotidien. »
Le poids, ou la comparaison des cheveux, sont des atouts non négligeables et toujours efficaces ! Donnez à votre victime (pardon votre proie, c’est vous la victime, n’oubliez jamais !) un regard critique. Quand elle commencera à la regarder en se posant des questions, vous passerez à l’étape suivante

2 -> Affligée la sangsue de votre propre comportement
Semez le doute entre elle et vous. « Attends, elle n’essaye pas de te manipuler là ? » N’attaquez pas en direct, posez toujours des questions ! On ne pourra ainsi jamais vous reprocher d’avoir dit quoique ce soit ! Vous ne faites que poser des questions, vous n’avez jamais dit une chose pareille ! Elle l’a pensé toute seule ! Après tout une question n’est qu’une question, elle est libre de la réponse qu’elle y a trouvé n’est-ce pas ! (Quelle bonne naïve ! C’est vicieux ? Non ! C’est intelligent ! Vous êtes intelligent, n’oubliez pas vous êtes le meilleur, c’est vous la victime ! C’est parce qu’elle ne vous a pas écouté que vous avez été obligé d’en arrivé là, n’en doutez JAMAIS )


Si vous vous sentez assez de courage, décrivez votre propre comportement en l’assignant à sa copine (il faut beaucoup de confiance en soi pour arriver à une telle tâche, mais je sais que vous finirez par y arriver !) « Jamais elle ne te laisse respirer ? Tu n’es pas libre de penser par toi-même ? Et puis ta robe là qu’elle t’a fait acheter, c’est normal qu’elle te dicte jusqu’à ton look ? Nan parce qu’elle n’a pas très bon goût en plus. Elle le fait exprès pour que tu sois moins belle qu’elle en fait ? Elle ne serait pas jalouse ? »
Quand votre sujet est mûr et prêt à craquer, achevez votre oeuvre par un pic de honte « enfin, si tu aimes ça être le petit toutou de quelqu’un tu fais ce que tu veux tu es libre ! Enfin, avec moi tu es libre. À ta place moi je n’aimerais pas c’est tout. Mais je dis ça comme ça » Incluez-vous pour rappeler l’illusion de liberté que vous lui offrez…

3 -> Passez pour le sauveur, soyez prévoyant
« Heureusement que je n’agis pas comme ça avec toi ! ».
Il va peut-être falloir attendre quelque jours, mais je peux vous dire d’emblée que vous devriez prévoir le pop-corn car ça va être du grand spectacle ! La dispute sera magistrale.
Attention ne vous reposez pas sur vos lauriers, l’autre va se défendre ! C’est là qu’entrera toute votre finesse et la subtilité de votre machination : anticipez ce que la greluche va dire ! Annoncez la couleur en premier « Tu verras, elle est tellement manipulatrice qu’elle va dire de se méfier de moi et que c’est moi qui essaye de te monter la tête, je le vois c’est le genre de fille. Je ne suis pas bête moi, je vois clair dans son jeu » Oui vous pouvez révéler votre propre entourloupe ! Quand la copine aura compris votre manège elle va lui dire, mais si vous l’avez fait en premier, alors ça ne pourra pas être vrai aux yeux de votre proie ! Vous n’auriez jamais pu révéler votre dessein si vous étiez coupable !
Machiavélique ? Non ! Malin et astucieux !

Il est vraiment nécessaire de répéter l’opération pour chaque proche de son entourage. Cela peut paraître fastidieux, mais ce sera l’assurance d’une longue et belle vie tranquille. Votre proie vous mangera dans la main sans que plus jamais vous n’ayez à vous justifier ! Vous n’aurez qu’une piqûre de rappel quotidienne à appliquer, mais qui deviendra un réel jeu amusant auquel vous pourrez vous délecter tranquillement, sans personne pouvant la mettre en garde. Vous évitez aussi le risque qu’elle puisse partir. Sans personne chez qui se réfugier, même si elle venait à se rendre compte un jour de son malheur, elle serait définitivement coincée ! C’est une étape cruciale à ne surtout pas négliger si vous souhaitez que votre machination dure dans le temps. Si vous ne réussissez pas cette étape, vous courrez le risque constant de la perdre, méfiez-vous !

A présent, vous êtes seuls et vous pouvez vous délecter de vos efforts ! Vous n’aurez plus jamais à vous forcer à la complimenter ou jouer un rôle de héro que vous n’êtes pas ! Elle est prise au piège et persuadée d’être la cause de vos malheurs, vous pouvez dès maintenant abuser de votre position de dominant ! Utilisez votre super pouvoir comme bon vous semble vous avez gagné !

Dans de prochaines chroniques nous parlerons de la lassitude de toujours avoir raison. Revenez nous lire pour apprendre comment se distraire avec sa proie en cassant la routine !
Dans le prochain numéro, vous apprendrez comment lui faire croire pour de vrai qu’elle est folle en déplaçant des objets dans la maison et en l’accusant à tord, comment octroyer plus de droits au chien qu’à elle, comment persuader l’extérieur qu’elle est folle pour savourer la vue de sa honte personnelle de sortir en public, ou encore l’obliger à faire des choses pour vous alors qu’elle n’en a pas envie tout en la faisant culpabiliser. Un article entier sera consacré à « comment l’assouvir et en faire un objet sexuel » afin de profiter convenablement de son tout nouveau jouet !


Ne manquez sous aucun prétexte la prochaine formation qui pimentera votre vie tout en gâchant la sienne !

« Mieux vaut en rire que de s’en foutre » _ Didier super _ F.K.

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